Les dernières lumières de fenêtres persistent, probablement des parents qui finissent un film, un feuilleton. Les enfants dorment depuis peu, demain c'est férié. Plus aucun chats ne traverse inconsciemment la rue puisque tous les animaux domestiques sont rentrés se mettre au chaud, sur un bout de couette ou à côté du feu. Une voiture passe ; un père de famille rentre d'une réunion. On n'entend pas d'oiseaux gazouiller, ils sont trop occupés à se tenir chaud les uns les autres.
Et moi dans tous ça? Un "tout-le-monde" de plus qui traverse bruyamment les villages pour vite se réfugier chez elle et regarder la pluie tomber. Là-haut il neige même. Et déjà je pense à cette grande fête, seule période de l'année où je n'ai pas bien le droit de crier, de faire la gueule et de rouspéter. Je pense déjà à l'année prochaine en me demandant où je serais à ce moment-là, et avec qui?
Il y a des choix à faire parfois, je n'en doute pas. Certaines personnes ne se rendent pas encore bien compte qu'elles vont bientôt faire le mauvais choix. Une erreur de jeunesse dont elle se souviendront durant toute leur vie d'adulte... Pourquoi? Quel idiotie. Quel absurdité. Et nous les écouteront pleurer une chance perdue.
Je divague, je me perds. J'ai encore tellement de choses à penser, tellement de prévisions. Je cours encore un peu et d'ici un mois, nous nous poseront ensemble à une table.
Ah au fait les filles. La réponse est Oui. Oui vous êtes cordialement invitées de ma part et avec l'accord de mes parents à venir passer la plus belle fête de l'année chez nous. J'ai déjà hâte.


