"I miss you, I want you. You're not coming back and I need you. But I can't have you, even when you're here."

"I miss you, I want you. You're not coming back and I need you. But I can't have you, even when you're here."
Il est 10h30. Les rues sont désertes et les routes bien trop longues au milieu de la nuit. Déjà quelques heures que le soleil est parti se coucher, et je ne m'y fais pas ; j'ai l'impression qu'il est minuit, peut-être plus.
Les dernières lumières de fenêtres persistent, probablement des parents qui finissent un film, un feuilleton. Les enfants dorment depuis peu, demain c'est férié. Plus aucun chats ne traverse inconsciemment la rue puisque tous les animaux domestiques sont rentrés se mettre au chaud, sur un bout de couette ou à côté du feu. Une voiture passe ; un père de famille rentre d'une réunion. On n'entend pas d'oiseaux gazouiller, ils sont trop occupés à se tenir chaud les uns les autres.
Et moi dans tous ça? Un "tout-le-monde" de plus qui traverse bruyamment les villages pour vite se réfugier chez elle et regarder la pluie tomber. Là-haut il neige même. Et déjà je pense à cette grande fête, seule période de l'année où je n'ai pas bien le droit de crier, de faire la gueule et de rouspéter. Je pense déjà à l'année prochaine en me demandant où je serais à ce moment-là, et avec qui?

Il y a des choix à faire parfois, je n'en doute pas. Certaines personnes ne se rendent pas encore bien compte qu'elles vont bientôt faire le mauvais choix. Une erreur de jeunesse dont elle se souviendront durant toute leur vie d'adulte... Pourquoi? Quel idiotie. Quel absurdité. Et nous les écouteront pleurer une chance perdue.

Je divague, je me perds. J'ai encore tellement de choses à penser, tellement de prévisions. Je cours encore un peu et d'ici un mois, nous nous poseront ensemble à une table.
Ah au fait les filles. La réponse est Oui. Oui vous êtes cordialement invitées de ma part et avec l'accord de mes parents à venir passer la plus belle fête de l'année chez nous. J'ai déjà hâte.
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# Posté le mercredi 11 novembre 2009 09:13

"Je suis un artiste et mon oeuvre c'est Moi."

"Je suis un artiste et mon oeuvre c'est Moi."
" __ Ecoute Catherine, depuis que toi et tes semblables avez lu Freud, vous avez l'oeil torve et la vision faussée. Le moindre objet contondant est un symbole phallique, la moindre voiture de sport un substitut phallique et l'engeance humaine ne "pense qu'à ça". C'est Freud qui ne pensait quà ça, ce vieux pervers. On se fait analyser, c'est le dernier must-have, on analyse les autres, c'est du dernier casse-couilles."

Ca c'est ce que j'aurais aimé lui dire ce matin.

"J'en ai marre de me faire assener d'un ton péremptoire que je suis victime d'un "Oedipe mal géré", d'abord je suis une fille, pas un garçon, alors si j'ai mal géré quelque chose, c'est mon Electre, pas mon Oedipe, mesdames messieurs les apprentis psys distingués. Ah je suis amoureuse de mon père et je lui sauterais bien dessus si ce n'était pas mon père? Pendant que tu y es, conseille-moi donc de lui piquer les clefs de sa Jaguar, de le renverser avec et de lui rouler dessus jusqu'à lui broyer les couilles, puis, armée du liquide séminal recueilli dans l'écrasement et de la force phallique que représente la grosse bagnole qui coûte cher, de violer virtuellement ma mère jusqu'à procréation de cette connasse d'Antigone. Parricide, inceste et lesbienne, j'aurai enfin exprimé tous mes fantasmes refoulés et serai, en plus, l'heureuse maman de ma petite soeur. Voilà."

Et ça c'est la fille que j'aurais voulu rencontrer pour me dire qu'elle existe vraiment. La seconde d'après je l'aurais détestée, haïs même. Mais c'est ça qui est beau dans ce livre ; arriver à nous faire aimer, à nous attacher réellement à la fille que nous aimerions tous voir subir mille souffrances. C'est abject et tellement beau à la fois.
Hell <3 Le premier livre que je lis pour la deuxième fois.

# Posté le jeudi 05 novembre 2009 16:45

"Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point."

"Pour être heureux jusqu'à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu'au même point."
Mercredi 4 Novembre. 8h15.

Au lycée et opérationnelle. Enfin, opérationnelle est un bien grand mot. Une illusion, un faux-semblant comme celui d'être réveillée. En réalité, je dors debout, j'y suis obligée et habituée. Je me couche tard pour des raisons multiples et je me lève tôt pour une seule : aller travailler.
Et ne pas se sentir à la hauteur. Ce n'est pas ma place, pas mon niveau et pas ma vie. Parfois je voudrais que tu sois encore là pour me dire que tout n'est pas inutile, me sourire dans les couloirs et me laisser passer à la cantine. Je pourrais me sentir moins seule dans ce merdier.
En fait non, je ne suis pas seule. Il y a mes amis. Ils ont leurs problèmes et leurs difficultés. Le même sentiment d'impuissance et la même impression de couler. Si je ne réussissais pas? C'est la question qu'on se pose tous ici, ça donne mal à la tête à l'entendre penser partout. Ou presque.
Qui serais-je plus tard?
Quelle note vais-je encore avoir?
Pourquoi je n'y arrive pas?
Quand est-ce que j'aurais le droit de penser à autre chose qu'au travail?
Qu'est-ce que je n'ai pas fait?
Qu'est-ce que j'ai mal fait?
Quelle orientation vais-je noter sur ma fiche d'orientation?
Est-ce que je peux réussir?

Quand on est enfant, on s'imagine grand, adulte. Mais on ne s'imagine jamais le parcours pour arriver au métier parfait.
Philosophie, Littérature, Anglais, Espagnol, Histoire, Géographie, Mathématiques... à ça ajoutez un sens du civisme qu'on espère cultiver, une dizaines d'autres matières pas encore tout à fait oubliées des années passées, un sens artistique ou sportif qu'on nous donne pour la détente et mille préoccupations en tout genre...
comme la dispute avec un tel, l'amitié, l'amour, la déception, le stress, la prise de conscience du monde, les cadeaux à faire, les réunions de famille, le ménage, les courses, la mode, le regard des autres, l'équilibre, la santé, le confort, la richesse, le plaisir et les obligations par centaines.
Voilà pourquoi l'homme ne peut pas "ne rien penser". Ce ne sont pas tant des raisons physiques ou une combinaison étrange d'atomes. C'est qu'il y a tellement à penser, tellement... ses rêves, ses devoirs, ses droits et ses plaisirs. Il y a toujours quelque chose à penser, même lorsqu'on ne devrait pas ou à autre chose. Ca se bouscule jusque dans nos rêves.
L'expression "prendre une minute pour soi" n'a plus aucun sens. On prend une minute pour penser et peut-être essayer de s'organiser. Mais qui a pu réellement se reposer, ne plus penser à rien d'autre qu'à soi et son bien-être, sans penser aux causes, conséquences et environnement?
Quel remède y a-t-il aux vies trop pleines?
Je veux une minute à moi.
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# Posté le jeudi 05 novembre 2009 15:37

"Il y a le peureux qui regarde sous son lit, et le peureux qui n'ose même pas regarder sous son lit."

Petit mot pour petite fête
Halloween ; à quel âge ai-je fêté mon dernier Halloween? Et combien de fois je n'ai pas regretté de ne plus le fêter dignement? Les pirates contre les zombies et de chouettes jeux d'affrontements. Philippine, aussi heureuse que moi de retrouver son enfance et quelques balades dans le village, sans grands butins. Peut-être un peu de rhum et beaucoup de pièces d'or en chocolat. Des photos, des photos... Et tellement de beaux sourires.
Merci frerot. C'était mieux que ce que je m'étais imaginé.
"Il y a le peureux qui regarde sous son lit, et le peureux qui n'ose même pas regarder sous son lit."
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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 16:30

"Reste devant la porte si tu veux qu'on te l'ouvre. Rien n'est fermé jamais, sinon à tes propres yeux."

"Reste devant la porte si tu veux qu'on te l'ouvre. Rien n'est fermé jamais, sinon à tes propres yeux."
La lune est étrange ce soir. Une demi-heure déjà que je la regarde. Je ne sais pas ce que j'espère voir sortir de ce halo étrange, de cette brume qui envahit le village et entoure la maison depuis ce matin. On ne voit pas bien loin. Je ne sais pas si quelqu'un s'est arrêté en bas de la maison en voiture, je ne peux pas voir ce que fais le voisin et je n'arriverais même pas à deviner si le chat est dehors ou non. J'aurais pourtant bien aimé regardé si le Revard est blanc.
Et j'attends. Je pense à mille et une chose, tout s'enchaîne avec un lien mince et parfois peu évident. Je voudrais peut-être entendre frapper à la porte, t'y trouver pour venir regarder la télé avec moi. Je voudrais simplement te voir et me conforter dans l'idée que tu pourrais aimer me regarder qui sait?
Ou alors j'imagine comment sera ma journée de demain, ce que je vais y faire et pourquoi. L'année prochaine, la suivante et le futur. La mariage, les enfants, la maison, le chien et les téléfilms américains du mercredi après-midi. Tout ça me donne le vertige et un peu mal à la tête.
J'allume la télé et j'éteins tout. Peut-être qu'ici je n'aurais plus à réfléchir à toutes ces choses qui angoissent. L'attente.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 14:38

Modifié le mardi 03 novembre 2009 15:41

"Quand on allume une cigarette sur un quai de métro ou en attendant un bus, il arrive."

"Quand on allume une cigarette sur un quai de métro ou en attendant un bus, il arrive."
On s'est connu dans ce bus. Tu y allais pour te détendre, un coin de squatte où tu allais auparavant avec les copains. Un peu de guitare, de grands éclats de rire et parfois une bière ou deux. C'était tout ce dont tu avais besoin pour te sentir bien.
Et puis un soir, sans savoir pourquoi tu n'es pas arrivé à dormir. Parce que cet état de satisfaction n'était plus aussi certain et que pour la première fois depuis longtemps tu sentais un vide. Quelque chose qui n'allais pas mais qu'il fallait soigner au plus vite. Oui parce que tu étais d'une impatience sans nom, il te fallait tout et tout de suite. Certains appelaient ça de l'ambition, d'autres de la force de caractère.
Moi j'y allais souvent pour me reposer. Je me couchais sur le toit et j'attendais que la nuit tombe chaque été. Ca me permettais de ne penser à rien d'autre qu'au ciel et j'étais seule quelques minutes par jours. Un moment de solitude, des amis à n'en plus finir et une famille superbe. C'était tout ce dont j'avais besoin pour me sentir bien.
Mais ce soir-là, sans savoir pourquoi je n'arrivais pas à partir. J'étais scotchée à mon bus. Les étoiles m'imploraient de rester, la nuit se faisait douce rien que pour moi. J'avais trop de choses à penser et au fond de la poitrine un grand creux me soufflait de ne pas partir trop vite.

Tu ne m'as pas vu tout de suite. J'étais sur le toit, tu avais pour habitude de t'asseoir à la place du chauffeur. Un bruit sourd. Tu as tendu l'oreille, sorti la tête par le trou qui servait autrefois de vitre et tu as souris.
"Je vous emmène où m'dame?"
Je ne me suis pas relevée. Je pleurais. Tu es venu t'allonger à côté de moi. En prenant ma main, tu as comblé ce vide opportun qui gênait ta vie ces derniers temps. Et c'est doucement que tu as comblé mon grand vide. C'était toi la réponse à toutes mes questions? C'était moi la chose simple qui suffisait à ton bonheur?

A partir de là, on aurait pu s'embrasser et puis se balader main dans la main dans la rue, faire les boutiques ensemble et s'offrir de chouettes cadeaux. Passer une nuit, puis deux, puis trois. Mais rien de tout ça n'était vraiment important pour nous. On se couchait souvent sur ce bus et on regardais ensemble le ciel s'éteindre, sans dire un mot. On se regardait parfois, souvent par accident. Tu m'observais quelque soir, je le sentais.
Le soir de Noël tu n'es pas venu. Le lendemain non plus. Et plus jamais tu n'as remis les pieds sur le toit de ce bus. Ni même à ta place, ni même à la mienne. D'une façon inexplicable, je me sentais obligée de venir tous les soirs et j'attendais que tu viennes t'allonger à côté de moi, que tu me prennes la main et que je te dises que je t'aime sans ouvrir la bouche.

Un jour où il faisait peut-être un peu trop froid ou peut-être déjà trop nuit, je me réfugiée à l'intérieur. Je me suis assise sur "ton" siège et j'ai attendu, en regardant par la fenêtre. Quand je me suis levée, il y avait un mot sur le fauteuil, un peu terne, un peu sale, un peu vieilli.
"Je t'aime. Et je déménage ce soir. Retrouve-moi 5 rue des iris à Fréjus, nous pourrions regarder la nuit tomber sur le toit d'une maison pour une fois. Joyeux Noël"
Et je n'y suis jamais allée.
Mais j'ai beaucoup pleuré.

# Posté le jeudi 29 octobre 2009 10:17

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 12:59